L’ébloui
Pièce pour l’enfance de Joël Jouanneau
Spectacle pour acteurs, marionnettes et figures
Né à l’age de 7 ans dans un jardin de neige avec deux trous noirs pour seuls yeux, Horn le jeune, par enchantement retrouve la vue et voit ce qui pour toujours devait changer sa vie. A la recherche de celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer, il va au bout du monde et regarde le soleil en face.
Création 2004
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L’Ébloui est la troisième pièce pour l’enfance de Joël JOUANNEAU, écrite pour la Compagnie Contre-Ciel, il en a confié la création à son metteur en scène LUC LAPORTE. Ce projet trouve son origine dans les représentations de La chair de poule (création Contre-Ciel 1998) au théâtre de Sartrouville dont Joël JOUANNEAU était codirecteur. Le désir d’une collaboration germa alors et fit son chemin trois années pour donner naissance à L’Ébloui.
L’Ébloui est l’œuvre d’un poète, un œuvre de maturité traversée par l’amour de la vie et la violence du monde où l’écriture est une épure élevée au symbolique.
« L’enfant que j’ai été — à jamais disparu — c’est lui l’énergie qui me fait écrire. Ecrire pour l’enfance révèle un territoire de tous les possibles mais implique de magnifiques contraintes : être conscient et responsable de ce que l’on transmet. ».
Dans ces mots de Joël JOUANNEAU se situe exactement le lieu de notre rencontre. Cette nouvelle aventure s’inscrit avec bonheur dans l’engagement dès l’origine par la Compagnie Contre-Ciel de privilégier la création avec des auteurs vivants, d’explorer la spécificité d’un répertoire pour l’enfance, et comble l’exigence qui est la nôtre d’un théâtre jeune public de haut vol.
Luc LAPORTE
DRAMATURGIE
Les contes questionnent sans fin le mystère d’être au monde et posent toutes les énigmes de la vie. Ils le font par un système poétique d’associations qui transmue la réalité quotidienne en langage symbolique. Du particulier les contes nous dévoilent l’universel et distillent une sagesse qui s’avance masquée.
Le spectacle se construit autour de la parole du conteur. Horn, vieux maintenant, conte l’histoire de cette bougie qui est aussi l’histoire de sa vie. Le dit donne vie à ce qui fut et ce qui fut revit à la remémoration, l’évocation, l’invocation. À la rencontre de celui qu’il fut, Horn, comme la flamme, vacille : « écoute, enfant ma voix d’écume, j’étais celui-ci, cet autre moi-même… » L’image du vieil homme transmettant la poussière et l’or du chemin parcouru à l’enfant qu’il était, ainsi qu’à l’enfant-spectateur, fonde le spectacle.
La pièce dessine une boucle, elle commence là où elle finit. Entre le commencement et la fin se déploie un espace mental où le sablier d’une vie égraine ses jours. Horn est l’Ébloui, de village en village, il pose le sac de sa mémoire et trace dans la poussière un cercle de théâtre.
Dans l’Ébloui, la dramaturgie du temps et de l’espace met en abîme une conception linéaire du temps. Il s’agit d’un théâtre d’apparitions, d’absences et de revenants, un théâtre de la réminiscence où le temps est dilaté puis condensé, où les mondes sont multiples, parallèles et poreux.
LE MARIONNETTISTE CHAMAN
Si le dit de Horn initie le spectacle, celui-ci s’articule autour du corps de l’acteur Horn. Il est la note fondamentale, il inscrit l’échelle. Le parti pris de la mise en scène est de représenter par des marionnettes le théâtre de la mémoire de Horn, et l’espace du dedans, l’intime, par des figures, des ombres et des images virtuelles. Le principe mis en œuvre repose sur l’action de la parole animiste, le mot qui nomme et confère substance à la chose, et sur l’efficience du corps chaman de l’acteur qui anime et donne vie.
Ce principe, simple et poétique, inscrit la marionnette dans une esthétique théâtrale de la mémoire. Son utilisation n’est pas dictée par un choix à priori, mais bien parce que la problématique de la pièce croise celle de l’objet marionnette, qui dans son essence incarne l’éternel paradoxe de l’animé / inanimé, réalité / illusion, esprit / matière ; paradoxe de la représentation ainsi que la métaphore intrinsèque à la marionnette.
Avec L’Ébloui il est question de retrouver la très ancienne fonction de la marionnette comme objet médiumnique, d’objet devenant sujet, cette espérance en la vie possible des objets, à l’enchantement des choses. Il y a un rituel à inventer. Un rituel dont l’acteur serait l’officiant. Les marionnettes en bois flotté de Thierry DUFOUMANTELLE, chargées d’histoire et d’archétypes, d’une ethétique à la fois primitive et raffinée, symboliques et sensuelles, nous y invitent.
Dans ce théâtre le corps de l’acteur n’est plus l’axe de la représentation, il est dé-centré dans un double mouvement d’absence et de présence, il manifeste le vivant virtuel. Il se tient dans l’inquiétude d’un entre-deux, à la frontière, à proximité du sacré. L’acteur–marionnettiste témoigne de l’état sensible et fragile de la vie et de l’humain.
Distribution
Texte
Joël JOUANNEAU
Scénographie et Marionnettes
Thierry DUFOURMANTELLE
Musique
Fred COSTA
Lumières
Laurent PATISSIER
Ombres blanches
Aurore BODIN
Costumes
Anne-Laure FERIOT
avec
Cyrille BOSC, Nathalie BRUCHER, Marc MARCHAND, Loïc THOMAS
Une production de la Compagnie ContreCiel
Partenaires
Coproduction
L’espace Jacques Prévert, théâtre d’Aulnay-Sous-Bois
L’espace Lino Ventura de Garges lès Gonesse.
Coréalisation
Le théâtre d’Evreux, scène nationale.
La Courée, centre culturel de Collégien
Le théâtre Le Vanves
L’étoile du nord à Paris
avec le soutien de
La DRAC Ile de France
La Mairie de Paris
L’ADAMI
Le texte de L’Ebloui est disponible aux Editions ACTES SUD - PAPIERS
photo montage Christian Stavel. Centre France
LA PRESSE
Marionnettes éblouissantes, de grands marionnettistes
L’ébloui, c’est Horn, un jeune pantin de bois aventurier, qui part à la quête de sa bien-aimée sur les eaux tumultueuses du vaste monde. Le résumé est un peu simpliste pour une œuvre dont la Compagnie Contre-Ciel a fait un petit trésor de profondeur et d’esthétisme.
Durant une heure, les personnages énigmatiques ont investi la scène du théâtre municipal sous les regards ébahis d’enfants et d’instituteurs des écoles douaisiennes. Face aux gigantesques draps de mer qui occupent tout l’espace, aux poupées mécaniques articulées de 2m de haut et à la musique électroacoustique qui berce le tout, le théâtre de marionnettes classique à la Guignol dans les parcs parisiens semble être d’un autre temps.
La Compagnie Contre-Ciel a su adapter les motifs traditionnels du conte aux courants artistiques d’aujourd’hui. Elle offre par là-même un premier succès à l’Hippodrome de Douai, dès l’entrée de la nouvelle saison.
V.D, L’Observateur du Douaisis
Si vous vivez à Paris ou pas loin, vous allez pouvoir aller au théâtre avec vos enfants. L’Ébloui, c’est un texte d’un auteur contemporain, Joël Jouanneau. L’Ébloui, c’est l’histoire d’un garçon qui s’appelle Horn. Sur la scène, Horn le vieux, c’est Cyrille Bosc, comédien magnifique.
L’histoire commence là où elle finit. Entre la fin et le début, il y a des apparitions, des absences, des revenants, des temps qui se croisent, des hasards, des signes. Et pour entrer dans cette écriture, puisqu’on est au théâtre, la mise en scène de Luc Laporte est d’une grande finesse. Et puis, il y a les marionnettes. Elles sont de Thierry Dufourmantelle. Elles sont des sculptures en bois flotté. Elles sont là où on ne les attend pas et c’est exactement ce qui m’a plu dans cette mise en scène, c’est cette possibilité d’aller autrement, ailleurs, avec les objets.
Parmi toutes les propositions faites au jeune public aujourd’hui en matière de spectacle vivant, il faut absolument sélectionner des écritures, des mises en scènes, des partis pris qui engagent la compagnie, le metteur en scène, le lieu dans lequel se joue le spectacle et donc le spectateur, petit et grand. Luc Laporte fait des choix de théâtre qui nous emportent vers le haut.
Brigitte Patient, FRANCE INTER
Ce spectacle est une histoire d’amour initiatique contée à travers une suite de tableaux évocateurs et sensuels où trois manipulateurs donnent vie à la matière. Magnifique et troublant.
FIGAROSCOPE
Le récit poignant d’un enfant né avec deux trous noirs à la place des yeux devient un hymne à la lumière avec des jeux d’ombres, des sculptures d’inspiration africaine, des masques en bois flotté. La scénographie impressionnante de Thierry Dufourmantelle fait surgir une girafe bleue à deux pattes, un âne à trois têtes et mille personnages fous, parce qu’il y a des moments d’humour dans ce parcours douloureux et tendre, un souffle d’inspiration comme si des œuvres d’art s’animaient, une grâce que le metteur en scène Luc Laporte imprime à tous ses spectacles.
Henriette Bichonnier, TELERAMA
Le vieux Horn arrive avec sa bougie vacillante et sa voix rauque et profonde et raconte l’histoire de sa vie. Alors la parole et le souvenir de cet homme grave s’ouvrent sur un monde merveilleux, à la fois lointain et proche. La présence de Horn se superpose à un espace intérieur et à une mémoire pleins de poésie.
Acteurs manipulateurs, marionnettes et images coexistent sur une scène qui fait appel à l’imagination et possède la puissance de la métaphore. La Compagnie Contre-Ciel donne vie au sensible texte de Joël Jouanneau dans un spectacle d’une beauté épurée, sombre et émouvante. Ce qui commence comme tant d’autres pièces pour l’enfance — un conteur entouré de mystère qui raconte une histoire — crée vite un monde d’une originalité et d’une qualité remarquables.
Cette narration, qui rompt avec l’habituelle linéarité du temps, est recréé par la mise en scène de Luc Laporte. Le récit coexiste avec les images du présent, les personnages réels sont en même temps des réminiscences, des évocations : dramaturgie qui correspond bien aux éléments du jeu et de la scénographie. Les trois manipulateurs de Contre-Ciel inventent un véritable théâtre d’objets en faisant évoluer les marionnettes. Des toiles et des images projetées s’ajoutent pour créer la richesses visuelle de ce spectacle qui invite à rêver les enfants et les adultes.
Guillermo Pisani , Le journal du théâtre, THEATREONLIN
Cette quête, Luc LAPORTE l’a restituée sur scène avec une sobriété zen. Après La création du monde et Papa ! il propose un spectacle à l’épure stylisée, tout en blancheur, en voiles et en jeu d’ombres. Avec des trouvailles visuelles et poétique. Bref, c’est beau comme une froide aube d’hiver.
ADEN, Le Monde.
photo Anne Caracache

