La Chair de Poule
Pièce pour marionnettes, ombres et violoncelle
Il y avait un enfant qui jamais ne connut la peur. Ce frisson, tous le connaissent, lui non. Il en tira une grande affliction et si vous lui demandiez ce qu’il ferait de sa vie, il répondait ” Ce que je veux, c’est connaître la chair de poule…” L’enfant passa bientôt pour un simple d’esprit. Son père en eut grande honte et l’envoya parcourir le vaste monde. L’Enfant partit alors en quête de la peur. Dans ses talons, pas d’estomac mais un curieux ressort qui le pousse à découvrir au plus vite ce qu’il cherche. Il connut d’épouvantables épreuves mais restait sans peur et se désespérait de son ignorance. Jusqu’au moment où, une nuit, une jeune fille partit à la rivière chercher un plein seau de goujons…
Cette fable, écrite par Fabienne ROUBY , s’inspire du conte des Frères GRIMM, “Celui qui partit en quête de la peur”. Elle nous dit que le divin n’est pas à craindre, que la mort est sans risque, que le bonheur peut s’acquérir, que tout ce qui effraie est endurable
Ecriture
La structure du conte est celle d’une quête, une sorte de thriller épique, où le héros est projeté dans son destin par une succession d’épreuves à l’issue desquelles il se réalise. A la magie des mots du conteur, la transposition théâtrale substitue une construction dramatique qui repose sur les personnages et les situations. Là où le conteur dit « Il était une fois », le théâtre dit « Voici », il montre l’action en train de se faire.
Le souci de la dialoguiste Fabienne Rouby est de garantir une lisibilité à la narration (qui est qui, qui veut quoi, et pourquoi) sans fermer la porte à l’imaginaire. Pour cela, elle développe des répliques courtes, scandées ; elle emploie des ritournelles faciles, des oppositions frappantes ; elle préfère aux métaphores poétiques les comparaisons terre à terre. Pas de périphrases ni de subtilités de langage qui induiraient une psychologie. Les personnages sont entiers, ne trichent pas avec les mots. Ils évoluent dans l’espace-temps du mythe. Le héros s’appelle l’Enfant. Il cherche à connaître la peur, en vain. Sa monstruosité n’a d’égal que sa virginité. Il connaîtra le frisson le jour où il aura pris femme.
Marionnettes
Les marionnettes ont fait l’objet du meilleur de notre métier, véritables objets d’art, elles sont habitées d’une vie propre.
Les têtes et les mains sont sculptées en bois, d’autres en cuir frappé et repoussé suivant l’ancestrale technique des artisans vénitiens. Notre recherche a porté sur la confrontation des genres et des techniques, sur le dynamisme des matériaux, sur l’épure du style et la lisibilité du signe. Les marionnettes sont manipulées sur table par des acteurs invisibles.
Le spectacle met en œuvre deux techniques : le théâtre noir ou rideau de lumière, et le théâtre d’ombre.
Le théâtre noir réinvente la perception de l’espace et de l’objet. Avec un fond noir et des manipulateurs habillés de noir, les objets présentés dans un rideau de lumière ont une présence intense, accroissant la magie des formes animées. Le théâtre d’ombres est le théâtre des profondeurs de l’âme. C’est un monde proche et distant, où l’imagination est sollicitée à l’infini. C’est aussi un univers dualiste, entre ombre et lumière, noir et blanc.
Distribution
Luc LAPORTE - Mise en scène
Fabienne ROUBY – Texte
Didier PETIT – Musique écoutez-le
MA Fu Liang - Décor & marionnettes
Laurent PATISSIER - Lumières
Delphine BOISSE, Marc MARCHAND, Alexandre PICARD - Comédiens
Didier PETIT , Alain GRANGE - Musiciens “live”
Fiche Technique
Public
Tout public à partir de 7 ans
300 personnes maximum
Durée
1 h 00
Plateau
ouverture 8 mètres
profondeur 6 - 7 mètres
hauteur 4 mètres
Lumière
un jeu d’orgue 24 circuits
Partenaires
La DRAC Ile de France - l’ADAMI - l’Espace Jacques Prévert - le Théâtre d’Aulnay sous Bois - l’Espace Kiron à Paris - la Ville d’Aulnay sous bois - le Théâtre International de Langue Française à Paris- la Ville de Vauréal
Presse
« L’art du frisson… l’intrigue et ses rebondissements tiennent en haleine les spectateurs. Le travail sur le langage effectué par F. ROUBY donne une dimension contemporaine et humoristique au conte des Frères GRIMM. Le travail de manipulation des marionnettes irréprochables et les superbes poupées conçues par Ma Fu Liang semblent évoluer comme par magie… »
Figaroscope
« Récit initiatique à multiples niveaux de lecture… Luc LAPORTE, le metteur en scène a pimenté le tout d’images impressionnantes. Le violoncelle jazz et live emporte le tout. »
ADEN – Le Monde
« Une habileté formidable dans l’utilisation des ombres, des marionnettes à transformation rapide, des suggestions de décor, dans l’alternance de dialogues et de récits contés. Une belle réussite. »
Télérama
« La Compagnie Contre-Ciel a réalisé un spectacle de grande qualité, enjoué, enlevé, poétique et drôle. Conjuguant théâtre noir et théâtre d’ombres, magie noire et magie blanche. Un spectacle qui épate le spectateur. Fabienne ROUBY a écrit de véritables dialogues de théâtre, rapides et colorés, qui affirment un style original. Il faut souligner le rôle tenu avec talent, par Didier PETIT, qui joue et improvise au violoncelle en direct. Ce spectacle très professionnel fait honneur à l’équipe artistique qui défend un théâtre pour enfant de haut vol.»
Le Journal du Théâtre
« Luc LAPORTE a mis en scène marionnettes et théâtre d’ombres, pour ce voyage initiatique plein d’humour. Un spectacle intelligent, jubilatoire. »
TDC
« Le metteur en scène Luc LAPORTE et l’écrivain-scénariste Fabienne ROUBY se sont visiblement beaucoup amusés à tirer La Chair de Poule ; un feu d’artifice incessant de techniques artistiques… Les situations sont truffés de clins d’œil, comme l’hilarant ballet swingué, et le texte est judicieusement assaisonné d’expressions drôles et triviales. Le climat ambigu est admirablement entretenu par un violoncelliste virtuose qui assure en direct une bande-son digne des meilleurs thrillers. »
Le Parisien
« Peur et bonheur… Ce spectacle au sens esthétique incontestable, tant par la beauté de ses marionnettes que par la qualité de sa mise en scène, nous emmène loin dans le rêve enfantin. Spectacle abouti, le rêve prend son envol… Luc LAPORTE ne fait jamais de compromis dans sa recherche de perfection. Beaucoup de notes d’humour et surtout une approche directe de l’essentiel, sans fioritures. »
La Revue du Théâtre Mû
« Remarquablement mises en scène par la Cie Contre-Ciel dans un théâtre d’ombres et de lumières pastel, leurs singulières marionnettes s’animent presque d’elles-mêmes et nous captivent dans leur humeur festive et mystique. Elles nous chantent l’amour et le désir rocambolesque d’être heureux en des termes neufs, pleins d’humour, dans une dynamique éclatante. Le violoncelle vient rythmer intelligemment le conte… ça swingue… Un trait d’union philosophique entre le monde des petits et celui des grands sur le thème de la peur et du désir… Pour avoir peur d’aimer ou aimer avoir peur… » Paris Frimousse


photos Brigitte Pougeoise.1998
De celui qui partit en quête de la peur…
Dessin Luu Anh 7ans





