DOSSIER DE PRESSE

Annonce courte. page1

Générique spectacle. page 2

Préambule. page 3

Intentions. page 4

Générique compagnie. page 5

Ils ont vu, ils ont écrit. page 6


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AVIS DE MESSE MARIONNETTIQUE

Un vieux guignol machiné de la tête au pied

d’après des textes d’Antonin Artaud avec Luc Laporte, Léa Ros, Fred Costa

Les fragments qui composent l’écrit du spectacle sont de la période dite du retour à Paris d’Artaud le Mômo rescapé des quarante mille morts de faim des asiles d’aliénés et de cinquante comas d’électrochocs. Deux années, les dernières, mai 1946 - mars 1948. Nous avons cheminé dans le corps de l’œuvre suivant au pied de la lettre la piste marionnettique pour construire un vieux machin métaphysique brut et sauvage. Un qui se dit analphabète indécrottable, qui est homme et ne comprend pas et va sans cesse répétant :

qu’est-ce que la vie,

où sommes-nous,

qu’est-ce qu’il y a ?


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AVIS DE MESSE MARIONNETTIQUE

Un drame burlesque pour marionnettes de la Cie Contre Ciel

LUC LAPORTE mise en scène

FRANCOIS NOEL BING regard extérieur

FRED COSTA musique

CYRILLE BOSC décor

LAURENT PATISSIER lumière

MA FU LIANG marionnettes

ALINE BORDEREAU marionnettes

LOIC NEBREDA costumes

MARC-HENRI BOISSE une voix

avec

LUC LAPORTE LEA ROS FRED COSTA

Durée 1H. Public adulte dès 14 ans. Jauge 120.

(mentions obligatoires)

Textes du spectacle dans les Œuvres Complètes (1946-1948) Antonin Artaud © Editions Gallimard, (merci à Monsieur Serge Malausséna, ayant droit, pour en avoir autorisé l’usage). Le spectacle a bénéficié de l’aide de la DRAC Ile de France, de la Mairie de Paris, de l’aide à la résidence du Tas de Sable - Chès Panses Vertes - Pôle des Arts de la Marionnette en région Picardie et du soutien du Local et de La Maison des Métallos à Paris.


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PREAMBULE

C’est-y lisible?

Avant de lire, l’indécrottable entend.

C’est inaudible, quand ça parle,

un corps au sexe incertain grimace horriblement autour des mots.

De quoi ça parle? Il ne peut le dire, mais ça parle, intensément.

On y entend le fracas du monde, la guerre au monde, la guerre en soi.

Alors entre pitié et terreur, le simple rit du pauvre quichotte,

du buster qui tonne d’effroi, tragique et burlesque.

Quelle incarnation, quel corps pour articuler ce cri ?

Qui, si ce n’est un pantin, un vieux machin sorcier brut et sauvage?

La marionnette est l’analphabète du théâtre.

Elle a une tête, deux jambes, deux bras mais pas d’alpha ni d’oméga.

Un corps sans organes ni gravitation ni affectation.

Juste la surface sans profondeur de sa matière inerte.

Un équilibre entre vie et mort, à la conjonction du monstre et du sublime.

Le bête, comme la marionnette, prend les choses au pied de la lettre et veut voir du mot la chose.

Qu’on la lui montre. Représenter est acte de magie au pied de la lettre.

La marionnette est à ce point, digne, grave et légère. Elle signe l’insondable de l’être.

Ainsi que Dédale dans le corps de l’œuvre, nous avons cheminé suivant la piste marionnettique.

Nous avons détaché de ce soi-disant corps des blocs pour construire un organisme d’homme et

montrer la complexion fulminante des particules et des signes à l’oeuvre.

Ce travail théâtral opère la matérialisation réelle d’une figure nommée A-A,

être intégral de poésie qui nous apprend à danser dans le délire des bals musettes.

Luc Laporte


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UN MATERIAU TEXTUEL : L’écrit du spectacle a été choisi et monté par Luc Laporte avec l’accord des Editions Gallimard. Ces fragments ont été collectés à la marge des grands textes publiés du vivant de l’auteur. Ils datent, exclusivement, des deux dernières années de la vie du poète, mai 1946 à mars 1948. Ils disent le bouillonnement d’une pensée en gestation. Cela commence par la chute à pic de la raison et s’achève sur l’effacement du corps. C’est un drame de l’esprit qui se joue là. Le lieu d’où l’on parle est celui de la folie, « Ce pauvre Monsieur Antonin Artaud » dont l’expérience des limites fonde, avec quelques autres, la pensée de la modernité.

UNE ECRITURE MARIONNETTIQUE : L’état de fragments du texte favorise une dramaturgie séquentielle proche du montage cinématographique. Le texte se présente comme un soliloque tressé de multiples voix intérieures. Il est ponctué d’adresses véhémentes à la société et d’échanges dialogués avec un médecin imaginaire. Artaud dit avoir écrit ces dialogues avec « l’accent bougnat ». Nous les avons rassemblés afin de créer au coté de A-A cette figure fantasmée et marionnettique du Docteur. Il joue comme un point de transfert, une manière de clown blanc, de gendarme pour guignol. Le montage des textes amplifie un refrain lancinant, un ressassement douloureux, comique et cruel. Au plus concret de la matérialité du vivre, il questionne inlassablement la vérité de l’être, le sens de la vie, l’oppression sociale et la manipulation des esprits.

LA MISE EN SCENE est inspirée par une lecture analphabète au pied de la lettre, notions chères à Artaud à cette époque. Elle entend faire du pied de la lettre un mode de représentation, une mimésis naïve et décalée. Il s’agit d’incarner avec obstination les représentations du poète et de montrer du mot la chose. « Il a été dit de tout temps que l’analphabète est un mystère, sans alpha ni oméga, mais avec une tête, deux jambes, deux bras. ». A.A est cet analphabète, la marionnette aussi. C’est par là que nous l’avons pris.

UN TRAVAIL SUR LE BURLESQUE : Le burlesque est une forme du comique porté à son extrême. À cet extrême, le burlesque est un genre d’essence tragique. L’art tragique, disait Nietzsche, veut nous convaincre de la joie inépuisable de l’existence. Nous regardons Artaud comme un burlesque « border line »., un mômo « analphabète indécrottable », un « simple qui est homme et ne comprend pas » et va sans cesse répétant « qu’est-ce que la vie, où sommes-nous, qu’est-ce qu’il y a ? ». Rire pour la survie, rire contre le gouffre.

LA MARIONNETTE signe l’énigme de l’être, du corps sans organes, sans gravitation ni affectation. Elle décale et met à distance, et par là même touche quelque chose du plus profond de l’intimité de l’être. Ici la marionnette n’est pas dans une relation mimétique au texte. Nous affirmons l’autonomie entre ce qui est dit et les actions scéniques. L’intention est de croiser des narrations parallèles, déterminées par les choix dramaturgiques et la coïncidence du jeu. La manipulation est un acte chamanique, un transfert raisonné et maîtrisé d’énergies et d’affects.

SCENOGRAPHIE : L’espace scénique est un castelet, table de manipulation ; une paillasse métallique, avec double évier, robinet et égouttoir. Au-dessous, un espace ambigu, dédaléen, des cages pour phénomènes de foire. L’endroit tient à la fois de la cellule psychiatrique, du lieu d’écriture et de vie. Les deux mondes sont reliés verticalement par un ascenseur mécanique, d’où surgit le Docteur et où l’on emporte le malade pour des séances d’électrochocs. La scénographie, dans ses contraintes spatiales évoque l’oppression et l’enfermement, auquel, selon A.A, le corps humain est soumis dans le carcan de son anatomie. Simultanément elle rends compte de la liberté absolue et infinie de cette pensée, de la voix du poète.

POSITION DU TEXTE-VOIX : Qui parle réellement, d’où et de quel état de conscience? Le traitement dramaturgique de la voix-texte pose la question de l’incarnation. Incarner quoi ? un corps qui se délite, le vertige de la langue, une ventriloquie schizoïde? Le son est un matériau théâtral. Le musicien (sampler, guitare, voix) en temps réel entrelace le texte enregistré aux soliloques, dialogues et apostrophes des acteurs. Le texte enregistré est diffusé par un haut-parleur manipulé dans l’espace comme un sujet marionnettique. Ce texte-là, comme une voix intérieure, semble émaner du plus lointain de l’être ou bien jouer à la surface comme un miroir à la voix des marionnettes.



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La Compagnie Contre Ciel, créée en 1995 à Paris par Luc Laporte, inscrit sa pratique dans le renouveau des arts de la marionnette. Ses créations explorent la singularité des écritures marionnettiques au théâtre; la marionnette, l’acteur et ses doubles comme un monstre poétique en singulière conjonction avec l’époque, sa sensibilité et ses questionnements.

La Compagnie Contre Ciel a bénéficié de l’aide à la création, à la diffusion et à l’écriture de la DMDTS, de la DRAC Ile-de-France, de ARCADI (Action régionale pour la création et la diffusion en Ile-de-France), de l’ADAMI, de la SACEM, du Secrétariat d’Etat à la Francophonie, de la Ville de Paris, ainsi que de nombreux théâtres municipaux et de quelques Scènes Nationales et CDN.

CONTACTS

Artistique   Luc Laporte : 0670118048

Technique Laurent Patissier 06 86 78 29 79

Compagnie Contre Ciel

186bis rue de la Roquette 75011 Paris

0142400686 i

Siret n° 40393577800015. APE n° 9001Z. Licence n° 2-1007345

Prestataire de formation n° 11 75 43691 75 auprès de la DRTEFP Région Ile-de-France.

www .contreciel.fr

Dossiers, vidéos, photos, fiches techniques et financières sur le site de la compagnie


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Ils ont vu, ils ont écrit…

Ayant accueilli Luc Laporte pour des présentations de maquettes de son spectacle “Avis de messe marionnettique” que j’avais alors jugées très prometteuses, je suis allé voir la création finale au Local, rue de l’Orillon. J’ai été confirmé dans mon jugement : cette création est forte, originale, débordante d’imagination. Esthétique, rythme, humour et poésie en font un petit chef d’oeuvre dramatique, mais jamais mélo, sur un sujet glissant, la “folie” géniale d’un grand poète, Antonin Artaud…/… j’encourage vivement à découvrir et faire découvrir ce bijoux de théâtre de marionnettes, mais on peut dire de Théâtre de création tout simplement.

Philippe Mourrat. Directeur Général. Maison des Métallos. Etablissement culturel de la Ville de Paris

Je veux redire ici le très grand plaisir que j’ai eu en assistant à cet « Avis de messe marionnettique » conçu autour d’Antonin ARTAUD, où l’on vous retrouve en tant que metteur en scène mais également en tant qu’interprète. La difficulté était double, Antonin ARTAUD, poète et visionnaire, se laisse difficilement cerner et, par ailleurs, pour beaucoup d’artistes contemporains, il est devenu une référence. On ne s’attaque pas si facilement aux emblèmes ! En l’occurrence, vous nous faites découvrir que l’expressivité de la marionnette et le décalage qu’elle installe permet d’entrer de façon très immédiate dans son univers, ses pensées, dans sa souffrance également. Vous avez su réunir des collaborations intéressantes, en particulier la plasticienne Aline Bordereau, et le musicien Fred Costa, d’une qualité exceptionnelle. Je sais toute la difficulté aujourd’hui pour une compagnie de produire, de montrer ses réalisations et je souhaite de tout mon cœur que vous puissiez, à travers cette production, qui s’adresse à un public d’adolescents et d’adultes, présenter votre travail…/…

Lucile Bodson. Directrice ESNAM Institut International de la Marionnette

J’ai eu le plaisir d’assister à la présentation d’une étape de travail en décembre dernier à la maison des Métallos. Cette présentation m’a semblé extrêmement engageante, tant du côté de la scénographie et de la réalisation des marionnettes que sur le parti pris choisi pour l’évocation d’Artaud et de son oeuvre. Luc Laporte s’est engagé sur un terrain audacieux avec cette proposition.

Isabelle Bertola. Directrice Théâtre de la Marionnette à Paris



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